P008 → sentes



Dans ce monde où les empreintes se manifestent et s'évanouissent avec une fugacité parfois imperceptible, la question de la trace semble davantage énigmatique quand elle n’emprunte pas la voirie qui lui semblerait destinée. 

Les furtivités non-humaines ont ceci de touchant dans le paysage urbain, d’être la plupart du temps imprévisibles dans leurs incursions. Aussitôt apparues, elles disparaissent telles des ombres fugitives. 





Pourtant, apparaître là où on ne s’y attend pas, nécessite une partition sur laquelle jouent ensemble les non-humains : les « sentes ». Invisibles si ce n'est à leurs seuils, ces chemins de traverse incarnent le verso des infrastructures urbaines. Lorsque l'on écoute l’entrée d’un de ces passages, on plonge dans une cité plurielle et sensible, un monde qui fourmille sous nos pieds d'autres dimensions ontologiques. Se réinventant constamment, telles les lignes de désir, ces sonorités montrent une plasticité subtile à contrefaire les prédictions. Elles sont le révélateur de différentes stratégies de contournement qui passent sous les radars et nous invitent à repenser la multiplicité des modes de traversée de la ville. 



Création réalisée dans le cadre du workshop March Atlas au sein de l’EUR-CAPS et sous la direction de Sébastien Penfornis.