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Il est ici question d’interroger les phénomènes d’apparition et de disparition à travers une performance centrée sur l’écoute du paysage sonore. Inspirée par la relation sensorielle à l’eau dans les bains publics japonais, elle met en jeu un protocole de disparition symbolique du poids en eau. Goutte à goutte, s’opère une métamorphose en une entité hybride, à la fois aquatique et humaine, suspendue entre dissolution et réinvention de la présence. 



En résidence à Matsudo dans la banlieue de Tokyo, je me suis rendu régulièrement dans les bains publics (Sentō), des lieux propices à l’écoute des sons d’écoulement. 
M’interrogeant sur les contextes de postures d’écoute, il me fallait entendre ce qu’il se passe en nous lorsque l’attention se désempare entre quelque chose que nous essayons de contenir, ou peut-être de laisser s’écouler. Le fait de retenir ou de lâcher prise soulève en cela bien des questions sur comment l’attention peut rester suspendue entre ces deux états. 




Mais dans l’acte lui-même de mise en écoute, l’attention sélectionne, puis filtre ce qui nous parvient dans une relation contextuelle avec la manière dont les sons émanent autour de nous. Comme l’a décrit Pauline Oliveros, c’est dans cette forme de détachement de l’attention sélective que l’écoute profonde (deep listening) s’ouvre à nous. En ce qui concerne les sons d’écoulement, il s’agit d’une forme de méta-écoute, car il n’y a pas continuité narrative où d’élément qui nous permette de nous situer figurativement un espace, mais plutôt de rendre abstraite cette représentaton . Il s’agit davantage de produire une résonance avec la plasticité en tant que matière sonore. C’est en quelque sorte, une clef d’écoute pour se permettre d’éprouver une disparition momentanée.


crédit : Candice Hazouard

Cette création a été acceuillie et soutenue par Paradise Air à Matsudo et à Rennes par le collectif Hypnosisphère, Les Ateliers du Vent, L’Hôtel Pasteur et Le Jardin.